La consommation addictive de tramadol et les expériences traumatiques chez les jeunes errants à Mfilou
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Résumé
Au Congo, la dépendance aux drogues et autres médicaments consommés sans prescription médicale constitue un problème de santé mentale en matière de santé publique. Dans un contexte de recherche, ce travail vise à vérifier l’hypothèse selon laquelle les expériences traumatiques vécues et rapportées influencent la connexité psychique au tramadol, un antalgique à effet thérapeutique. Transversale et de type corrélationnel, l’étude s’appuie sur une démarche mixte. Les participants, (N= 43) de sexe masculin, âgés de 19 à 25 ans (M = 22.30 ± 2.20) sont usagers de tramadol, ayant vécu une ou plusieurs expériences traumatiques de manière isolée ou répétée. Les résultats montrent que : a) les expériences traumatiques regroupant plusieurs formes de violences subies n’influencent pas l’addiction au tramadol (Khi-deux = 10518, p = 0.033>0,05). Par contre, cette addiction dépend significativement de la relation que les usagers entretiennent avec ce produit addictogène (Khi-deux = 43000, p = 0.000<0,05) ; b) les récits de vie font ressortir des thèmes d’intérêt essentiels : besoin de connexion à l’environnement, besoin de maîtrise de soi, besoin de contrôle du temps, etc. Ces observations, bien que rejetant l’hypothèse du rapport de cause à effet entre l’addiction au tramadol et les expériences traumatiques « mentalisables », relancent le débat sur les sources d’étayage narcissique pouvant motiver la consommation addictive. Cette consommation addictive de tramadol ne semble pas être nécessairement liée à des expériences traumatiques rapportées. Elle peut, néanmoins, obéir à des principes internes beaucoup plus anciens, réactualisés par l’adversité sociale du moment.
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